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La mise en conformité des sites Web français avec les règles d'accessibilités : peut-on vraiment y croire ?

Depuis le 12 février 2005, une loi sur le handicap a été votée en France. Elle oblige l'ensemble des sites Internet publics (soit plus de 7000) à se conformer aux standards de l'accessibilité et fixe pour cette mise en conformité une échéance de 3 ans.

D'autre part, une étude récemment publiée, nous indique que, dans l'Union européenne, 70 % de site d'administration ne sont pas conformes aux règles définies pas le W3C. 3 % répondent aux critères WCAG 1 (Directives pour l'accessibilité de sites Web (version0.1)). 10 % sont en partie conformes aux standards. 17 % échouent de peu. 70 % ne sont absolument pas conformes.

Face à ce désastreux constat, l'Europe, également soucieuse des personnes handicapées, fixe, quant à elle, une échéance de 10 ans pour la mise en conformité des sites Web. Ce délai me semble bien plus réaliste que celui fixé par la France. En effet, quand on constate de quelle manière les professionnels du Web, en France (en tout cas, les agences qui réalisent les sites publics) perçoivent l'accessibilité des sites site Web, on peut légitimement penser que d'ici 3 ans, la situation n'aura que très peu évoluée. A l'heure actuelle, si le site de la présidence de la république répond aux exigences de cette loi, celui du 1 er ministre, manque de peu le test de conformité. Les autres sites ne sont pas conformes, y compris celui de l'ADAE, où pourtant figure le texte de loi sur l'accessibilité des sites Internet.

La confusion entre les standards du Web et accessibilité.

Ces termes sont dépendants l'un de l'autre, mais les professionnels du Web en use, la plupart du temps, comme s'il s'agit de 2 choses très différentes l'une de l'autre. Reprenons le problème à zéro en énonçant la première intention du W3C :

Mettre le Web et ses services à la disposition de tous les individus, quel que soit leur matériel ou logiciel, leur infrastructure réseau, leur langue maternelle, leur culture, leur localisation géographique, ou leurs aptitudes physiques ou mentales.

Deux étapes sont nécessaires pour atteindre cet objectif. La première consiste à créer des documents qui pourront être lus sur n'importe quel support de navigation, comme il est énoncé dans la première partie de cette définition (...quel que soit leurs matériel ou logiciel, leur infrastructure réseau). Cette interopérabilité des documents passe par un langage, héritier des SGL (langage dont est issu le HTML) qui est le XML. Dans sa version pour le Web, ce langage devient le XHTML.

Pour rendre possible cette interopérabilité, il faut également séparer la présentation des documents de leur contenu. C'est pourquoi on préconise l'utilisation du couple XHTML/CSS, pour la réalisation des pages destinées à la publication sur le Web, à la place du HTML. C'est cette première étape qui donne lieu à ce que l'on appelle les standards du Web.

La seconde étape consiste à rajouter des attributs de code qui permettront une meilleure prise en charge de ces documents par les navigateurs dont se servent les personnes handicapées. En donnant, par exemple, des titres aux images, on peut en faire une description qui sera lue par les navigateurs vocaux qu'utilisent les non-voyants. En définissant, pour chaque lien hypertexte, une touche de raccourci clavier, on permet aux handicapés moteurs qui ne peuvent utiliser la souris un moyen de naviguation à l'intérieur d'un site.

L'accessibilité est donc cette seconde étape. Elle intervient après celle de la conformité aux standards. Un document qui ne respecte pas les standards ne sera pas lu par les navigateurs qu'utilisent les handicapés.

Le problème de sites tels que celui de l'ADAE est qu'il passe à la seconde étape en ignorant complètement la première. Autrement dit, pour obéir aux recommandations d'accessibilité, on donne des descriptions aux images, mais on ne se soucie pas que la page ne s'affichera pas dans le navigateur d'un non-voyant.

Je ne pense pas que le gouvernement se trompe en voulant légiférer. Cette la loi a été votée pour que les choses changent en faveur des personnes handicapés, or, en réalité, les choses ne changeront pas. Les responsables politiques pourrons prétendre avoir fait quelque chose pour ces personnes, mais elles demeureront toujours lésées face à l'accès à l'information sur le Web. Ce sera le cas tant que les agences Web (parmi lesquelles sans doute les plus importantes en France) continueront de vivre sur leurs acquis et de développer des sites, comme elles ont l'habitude de le faire depuis 10 ans, sans se rendre compte que les choses évoluent et qu'elles doivent se remettre en question et remettre en question leur manière de voir l'Internet.

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Etude de cas : www.geraldyneprevot.com

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