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Résumé : En ce qui concerne les résultats du e-commerce en France, tous les baromètres du Web sont au vert et nous indiquent des rythmes de croissance accélérées. Si le chiffre d'affaires de votre site de e-commerce n'a pas augmenté de plus de 120 % au cours des 2 dernières années, vous pouvez donc vous demander pourquoi vous restez en marge de cette progression. Cet article a pour but de répondre à cette question.
Comme n'importe quel professionnel du Web, je suis toujours très enthousiaste à la lecture des chiffres publiés par les principaux instituts d'études et de sondage, en ce qui concerne l'équipement des ménages en ordinateurs, les connexions en haut débit, la publicité en ligne et les résultats du e-commerce. Ces indicateurs, tous en forte hausse, me laisse présager un avenir radieux pour le secteur d'activité dans lequel j'ai choisi d'exercer. Cependant, travaillant essentiellement pour des PME, l'expérience du terrain me donne un tout autre son de cloche.
Je ne perçois pas, en effet, un enthousiasme particulier de la part des petites entreprises lorsqu'il s'agit de l'Internet ; la plupart ne sont pas loin de considérer cette technologie comme morte en 2001, avec l'éclatement de la bulle Internet.
Ce décalage profond entre des chiffres très prometteurs, d'un côté, et des réticences parfois très fortes de l'autre s'explique pourtant très simplement. Certes, les chiffres d'affaires des sites de e-commerce ont en moyenne progresser de 67 % en 2004, mais ce résultat a été obtenu sur un panel de quelques sites, parmi lesquels Accorhotels.com, Cdiscount, Chapitre.com, Chateauonline, 2xmoinscher.com, eBay, La Fnac.com, La Redoute, LastMinute, Ooshop, Priceminister, Surcouf.com, 3 Suisses, TopAchat/Clust, Voyages-sncf.com, etc.
Ces "poids lourds" de l'Internet, une cinquantaine environ, réalisent à eux seuls plus de 50 % du chiffre d'affaire total du e-commerce en France. Il s'agit là d'une véritable fracture numérique.
Cette inégalité deviendra sans doute, dans les prochaines années, une spécificité de la France, car, si elle existe, ce n'est du fait de Google, ni d'Amazon.com mais du chef d'entreprise, de l'artisan ou du commerçant qui considère encore que l'internet "ce n'est pas son truc".
La plupart attendent, en effet, que leur site leur rapporte de l'argent pour le prendre au sérieux. En réalité, ce média ne peut rapporter le moindre euros tant qu'il n'est pas pris au sérieux.
Est-il raisonnable de dire à des clients "Venez dans ma boutique" et, au moment où ils viennent, interdire au quart d'entre eux d'accéder à des produits ? C'est pourtant ce que font la plupart des sites Internet.
Est-il judicieux de faire en sorte que des clients se perdent à l'intérieur d'un magasin en ne sachant plus où trouver un produit ou une information ? C'est pourtant ce que font la plupart des sites Internet.
Est-il avantageux de construire un magasin à l'abri des regards, dans un lieu où seuls les initiés peuvent le trouver ? C'est pourtant ce que font la plupart avec leur site Internet, en négligeant les moteurs de recherche en tant que générateur de trafic.
Est-il économique de confier la construction d'une boutique à l'un de ses proches ou de ses employés, car il construit des cabanes le dimanche ? C'est pourtant ce que font la plupart avec leur site Internet.
Le succès sur le Web est davantage une question de savoir-faire que de moyen. Prenez les choses au sérieux si vous souhaitez également tirer profit des croissances extraordinaires des indicateurs de l'Internet.